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11/06/2005

Dépêche AFP

vendredi 4 novembre 2005, 18h08
Banlieues: TV et radios partagées entre souci d'informer et désir d'apaiser

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PARIS (AFP) - Les rédactions des chaînes de télévision et des stations de radio étaient partagées en fin de semaine entre le souci d'informer sur les violences qui ébranlent les banlieues de Paris et le désir de ne pas jeter d'huile sur le feu.

"Le problème qu'on se pose, à chaque heure, est de savoir combien de minutes d'images on doit passer pour ne pas être instrumentalisé", a indiqué à l'AFP Paul Nahon, directeur général adjoint de France 3, chargé de l'information, particulièrement concerné en raison de l'existence d'une rédaction pour la région Ile-de-France.


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"Nous montrons le strict minimum. On montre des images simplement quand il y a eu un tournant dans l'évolution des évènements, comme jeudi soir où il n'y a pas eu d'affrontements, mais où des dégâts extrêmement graves ont été commis", a ajouté Paul Nahon.

Même souci de mesure chez Robert Namias, directeur de l'information de TF1, estimant sur Europe 1 qu'il faut être très attentif à "ne pas accélérer des situations qui déjà en soi recèlent beaucoup de difficultés et de dangerosité". De même, pour Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, il faut peut-être mettre "la pédale douce de façon à ne pas être des relais d'actions qui sont évidemment condamnables".

Responsable de l'information sur France Inter, Geneviève Goetzinger insiste sur le "travail permanent de mise en perspective". "Davantage que l'évènement lui-même, ce qui nous intéresse, c'est les conséquences et la façon dont les gens l'ont vécu, le paysage après la bataille", note Jérôme Dorville, directeur adjoint de la rédaction d'Europe 1.

La plupart des chaînes généralistes ont subi de plein fouet l'hostilité des émeutiers et redoublent de précautions. Les manifestants ont volé une caméra à une équipe de TF1, incendié une voiture de France 2 ainsi qu'une voiture de France 3 Ile-de-France. Un caméraman de la rédaction nationale de France 3 a eu le nez fêlé par un jet de pierre.

A France 2, explique un journaliste membre de le Société des journalistes (SDJ), on utilise des voitures banalisées, on ne sort la caméra qu'"au dernier moment". Selon Paul Nahon, les équipes de France 3 font preuve d'une "extrême prudence". A France Inter, les voitures envoyées sur place sont banalisées et l'émission, antenne déployée, ne se fait qu'en dehors du théâtre des événements.

Le Club Averroès, qui réunit près de 300 professionnels des médias, dont une majorité de journalistes, avec la volonté de défendre l'image des minorités dans les médias, a "protesté vigoureusement" contre les agressions "verbales et physiques" de plusieurs journalistes.

Toutes les rédactions se défendent d'ailleurs de se limiter aux images de violences et s'élèvent contre les déclarations du député-maire (UMP) du Raincy (Seine-Saint-Denis) Eric Raoult, qui, sur France Inter, a accusé les journalistes de ne se rendre dans les banlieues que lorsque des violences éclatent.

La SDJ de France 2 souligne à cet égard qu'elle approuve les choix de la direction de l'information pour la couverture des récents évènements. Selon la SDJ, France 2 "s'en tient au factuel pour les violences et décrypte l'information au maximum afin de faire ressortir les aspects économiques et sociaux de ce qui se passe".

A France Inter, on relève que plusieurs émissions ("Le téléphone sonne", par exemple) ont présenté ces jours derniers les expériences positives menées sur le plan social ou culturel dans différentes villes de banlieues, et Europe 1 se proposait d'organiser vendredi soir une table ronde de tous ceux qui travaillent au développement des banlieues.